Thursday, 22 December 2016

The Purpose of Sex - Lust as Deceptive


As I wrote in my post Sex and Nature's Agenda, the physical act of love, at least among heterosexual couples, is really designed to make babies and that the pleasure derived from it, even the mere thought of it, is really symptomatic of nature's agenda that we do perpetuate as a species. 

It is true that for homosexual couples, sex can only be recreational for no procreation can be achieved naturally through man copulating with man or woman copulating with woman. 

That sex be largely seen as a pleasant form of recreational release and discharge for many people is understandable and even natural, to a large extent, - given how sexualised human beings generally seem to be - but that perception should not detract from the fact that sex is there for procreative purposes just as eating food is necessary for us to self-regenerate. 

Put succinctly

  • Sex - generation (of foreign life)
  • Eating, drinking and sleeping - regeneration (of one's own life)
I personally detest the feeling of being prey to lust and value my current lack of a sex drive as offering me more mental space for higher and more spiritual pursuits. I'm glad to be over my lusty teenage and early twenties years, women for me being more dangerous and risky playthings, so to speak, than drugs.

In addition, sex can wreak havoc in one's relations with partners in so far as sex with someone often introduces various neuroses in interpersonal dealing that true friendship which has not resulted in sexual physicality will simply avoid from the get go and perhaps for that reason outlive sexual partnership in many cases. 

I have also observed in my own personal life that while I may have had a great sexual connection with some partners, the spiritual connection left much to be desired and vice versa. 

Yet spiritual connection is much stronger and wholesome than sexual connection, outliving it by a factor of at least one hundred to one, and the fact that one may lust after someone is no sure sign that that someone will be good for one's spiritual self - in fact the reverse is more often the case, in my experience. 

So, as I wrote in Thoughts on Aphrodite, Venus and her son Cupid are very pernicious influences on mankind, making humans fall for people who, while possibly great erotic partners, will be most damaging life partners. 

In any event the goddess of sexual love and her filial acolyte cause no end of frustrated desire and disappointment when, as is usually the case, sexual feelings for another are neither mutual nor reciprocated, let alone of equal intensity. 

My general rule as regards women I find attractive is to resist and fight my lust for them - except of course if they happen to be pornography actresses I will never meet in person and whom I can safely lust over behind a computer screen - and establish first whether I am spiritually compatible with them in the first place. 

Therefore, a friends-first approach is perhaps advisable, in so far as the essence of a successful relationship should be based on non-possessive, non jealous friendship with its capacity for mutual respect, lively conversation and humour. 

For friendship gives the other the freedom to be entirely themselves and be true to their instincts without the need for interference or control, friendship being in its essence freer of attachment/abandonment issues than romantic/erotic relationships where one is invested emotionally and neurotically in another person for what we want them to be and how we want them to feel. 

While having feelings for another is not always chosen or deliberate, I do believe that such feelings should be addressed carefully and not overly indulged in one's longing for romantic union with that other. 

I think feelings of this nature can successfully be brushed aside through will-power when they are in fact conducive to personal neurosis stemming from a fear of rejection or loss and interpersonal conflict with the person one has feelings for or with the person one should have feelings for but doesn't. 

Comment devenir maitre du monde

Arendt et Heidegger, jeunes

Contexte

Deux citations pointent leur lumière sur ce que tentait le poème philosophique qui suit :

Nietzsche,
Généalogie de la morale,
Deuxième essai
"Ils m'informent maintenant que non seulement ils sont meilleurs que les puissants de la terre, les maitres du monde dont ils se doivent déguster le crachat (non pas par peur, pas du tout par peur ! mais parce que dieu les ordonne d'honorer ceux qui ont autorité) - non seulement ils sont meilleurs mais ils bénéficient d'une vie plus heureuse ou, du moins, auront une vie plus heureuse un jour. [...] Cet atelier où se fabriquent les idéaux - il me semble puer que de mensonges."
Hölderlin, dans une lettre à Dr. Ebel
"L'habitude est une déesse si puissante qu'il me semble que personne ne peut se rebeller contre elle sans être puni."
Le poème philosophique L'Habitation visait à une formulation simple de vérité accomplie, pour leur part, par les philosophes pré-socratiques, dans leur économie du langage. Heidegger, qui exerçait une énorme influence sur moi à cette époque, fut sceptique quant à l'oeuvre de Karl Marx et dans une vidéo (accessible sur YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=OxmzGT1w_kk) se moqua de la phrase suivante de Marx :
"Le philosophe n'a jusque là fait qu'interpréter le monde. Le but est pourtant de le changer."
En traduction française, le commentaire de Heidegger est le suivant:
"En citant cette phrase et en suivant cette phrase, on néglige de constater que changer le monde présuppose un changement de la représentation du monde et qu'une représentation du monde ne peut être que conquise si l'on interprète le monde suffisamment. C'est dire, Marx fonde sa phrase sur une interprétation tout à fait certaine du monde pour demander son changement. Et, en faisant cela, lui-même sait que cette phrase n'est pas saine. Il donne l'impression qu'elle est formulée directement contre la philosophie mais, dans la deuxième partie de la phrase, tout autant implicite est l'affirmation philosophique qu'elle présuppose [à savoir que le monde en tant que concept se doit d'être interprété]."
Il semblerait donc que, pour Heidegger, changer le monde signifie, premièrement, changer ou bien, du moins, réinterpréter sous un angle fort ce qui est entendu par le mot 'monde'. A ma connaissance, c'est exactement ce que fit Heidegger dans plusieurs de ses oeuvres, tels Les Concepts fondamentaux de la métaphysique, son essai L'Essence du fond, et son livre le plus connu à savoir Etre et temps

Le morceaux qui suit s'intitule L'Habitation et fournit une interprétation de ce concept. Dans son cours Qu'appelle-t-on penser ?, Heidegger dit (concernant notre attente profondément non scientifique que le soleil se lèvera chaque matin et qu'en effet cette attente n'est ni fondée sur ni en besoin de preuves scientifiques) 
"Il sera objecté que les hommes sont devenus habitués à la régularité de ces phénomènes. Comme si l'habituel allait de soi, comme si l'habituel était compris ! Comme si il pouvait y avoir quoi que ce soit d'habituel sans l'habitation ! Comme si nous avions jamais donné une pensée à l'habitation ! . . ."
Le morceau qui suit, donc, témoigne de ma dévotion de par le passé à l'autel du philosophe Martin Heidegger ainsi que de son amoureuse de passage et intellectuelle compagne Hannah Arendt. Une préoccupation avec le langage et le concept de maitrise est aussi évident. 


Texte: L'Habitation

I. Habitation signifie habituation

Hannah Arendt écrit (dans La Condition de l'homme moderne) que les hommes [vivent sur la terre et] habitent le monde. 

Que signifie cela ?

Cela signifie

(1) que nous habitons le monde. Le monde est une matière d'habitude. Nous sommes dans le monde dans l'habituation.

(2) que le monde nous habite. Le monde est en nous qui l'habitons. Sans nous il n'y a pas de monde. 

Il suit que le monde que nous habitons - et nous habite - nous habitue

II. Cas d'un monde sans pensée

Si le monde que nous habitons - et nous habite - est sans pensée, cette absence de pensée nous habitue de manière impensée. 

Dans un tel monde, puisque l'absence de pensée est tellement habituelle, les habitants sont habitués à cela, que l'absence de pensée règne. 

Peut-on surmonter l'habituation ?

Pas tant que nous habitons le monde

III. L'habituation pensée

Cela dit, dans un monde sans pensée, l'habituation peut être pensée

Dans l'habituation pensée, l'absence de pensée du monde ne nous habitue plus de manière impensée.

Dans l'habituation pensée, l'absence de pensée du monde n'est plus, pour nous, habituelle.

En quoi l'habituation pensée diffère-t-elle de l'habituation impensée ?

IV. Habituations maitrisées et pleines de maitrise

Dans l'habituation sans pensée nos habitudes sont sans pensée. Si le monde que nous habitons - et nous habite - est sans pensée, nos habitudes deviennent sans pensée.

Le monde maitrise nos habitudes.

Dans l'habituation pensée, nos habitudes sont pensées. Si le monde que nous habitons - et nous habite - est sans pensée, nos habitudes ne deviennent pas sans pensée.

Nos habitudes maitrisent le monde.

V. Maitriser signifie contenir

Martin Heidegger observa que l'homme est homme et non animal que dans la mesure où il est formateur-de-monde (Concepts fondamentaux de la métaphysique).

Nous pouvons ajouter, par suite

(1) que l'homme est homme et non animal (qui est pauvre en monde) lorsque son habituation est pensée puisqu'alors ses habitudes maitrisent le monde et il est formateur-de-monde. Il est formateur-de-monde parce que ses habitudes maitrisent le monde ; dès lors ses habitudes contiennent le monde mais le monde ne contient pas ses habitudes.

(2) que l'homme est animal et non homme lorsque son habituation est sans pensée puisqu'alors ses habitudes sont maitrisées par le monde et il est pauvre-en-monde. Il est pauvre-en-monde parce que le monde maitrise ses habitudes ; dès lors le monde contient ses habitudes mais ses habitudes ne contiennent pas de monde. 

N.B. (1) L'habituation pensée ou, ce qui est la même chose, l'habituation attentive, quelque gauche soit cette formule, peut être interprétée comme une éthique et mes lecteurs qui connaissent un peu le grec verront le lien - le mot grec ἔθος est traduisible par le mot habitude. Les habitudes peuvent être éthiques ou non éthiques. La décision entre l'habituation pensée et l'habituation impensée, comme l'insista Aristote dans son Ethique à Nicomaque, fait partie intégrante de tout projet éthique quant à la vie. 

Dans cette lignée, Hannah Arendt fit un lien entre l'absence de pensée et le mal. Autrement dit, l'acte de penser peut empêcher la possibilité de faire le mal dans la mesure où là où je pense, je prend responsabilité de mes actes, bien ou mauvais. Un monde sans pensée, pour Hannah Arendt, serait un monde mauvais, un monde où règne l'absence de pensée, la banalité nuisible qui dénie la vie, qui ne s'arrête jamais afin de réfléchir sur ses propres dits et actes. 

Voir aussi cette phrase tirée de Contributions à la philosophie : de l'évènement :
"Le temps des dieux sera-t-il fini et abouti et une rechute dans une vie de créature pauvres-en-monde commencera, des créatures pour lesquelles le monde n'a toujours qu'été quelque chose à être exploitée."

N.B. (2) "Les humains demeurent les animaux indéterminés" selon Nietzsche (Par delà bien et mal, 62). Voir aussi cette phrase tirée de ses fragments posthumes "jusque là l'homme a été l'animal non fixé." Heidegger fit préparation pour une redéfinition de l'essence de l'homme, au-delà de l'animal raisonnable (du latin animal rationale lui-même une traduction du grec  ζῷον λόγον ἐχῶν, l'être vivant possédé par la parole) dans la première partie de son cours Qu'appelle-t-on penser ? ainsi que dans bien d'autres de ses oeuvres. Est-ce que l'homme est homme, c'est à dire est l'essence de l'homme déterminé dans la mesure où il pense son habituation et dès lors appréhende le monde en tant que monde ? Pour une analyse soutenue de la différence entre l'homme et l'animal voir Concepts fondamentaux de la métaphysique. Pour citer un passage de mon commentaire en ligne de ce livre :
"Heidegger, dans une analyse des sienne qui fait partie de mes favorites, distingue l'homme de l'animal non pas sur la base de la présence ou de l'absence de raison mais en termes de leur relation au monde, défini comme "l'accessibilité des étants en tant que tels et dans leur totalité.". L'animal est pauvre-en-monde dans la mesure où captivé par les étants dans son cercle encerclant dés-inhibiteur, il n'appréhende pas les étants en tant qu'étants. Ainsi un chien peu se coucher sous une table mais le chien n'appréhende pas la table en tant que table. Pour Heidegger le comportement est propre aux animaux tandis que la conduite est propre aux êtres humains parce que nous ne sommes pas captivés par les étants dans notre cercle de comportement mouvementé, du moins pas tout le temps, mais nous les appréhendons et les reconnaissons en tant que tels. L'homme est donc formateur-de-monde, c'est à dire le monde est donné à l'homme en tant que monde et depuis cette manifestation des étants (le monde) dérive le logos apophantikos, le discours de propositions."
Dans la deuxième partie de Qu'appelle-t-on penser ? Heidegger pose la question "ist das Denken ein Danken" (est-ce la pensée un remerciement ?) - Heidegger trace un lien entre la pensée et le remerciement de sorte que, dans sa terminologie, l'absence de pensée est une forme d'ingratitude, un manque de respect payé à cela qui fait que nous sommes, à cela qui nous donne vie en tant qu'êtres humains. Un monde sans pensée serait donc un monde qui ne remercie pas, qui préfère cligner de l'oeil au lieu de penser et par là même remercier ce qui nous rend possible en tant qu'êtres humains. 

 N.B. (3)  "Sans nous il n'y a pas de monde" vise l'exacte même intention que 
"Le monde n'est que si et seulement existe le Dasein"
phrase prononcée par Heidegger dans son cours Problèmes fondamentaux de la phénoménologie

Conclusion : Je ne peux conclure qu'avec Nietzsche dans son Gai savoir (aphorisme 295) lorsqu'il écrit
"le plus intolérable, le plus terrible, serait bien sûr une vie entièrement dénuée d'habitudes, une vie qui demanderait une improvisation continue - cela constituerait mon exile et ma Sibérie."